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Le commerce face au coronavirus

Le commerce face au coronavirus

Publié le 09 septembre 2020
Le commerce face au coronavirus

Près de la moitié des boutiques ont été contraintes de rester fermées pendant cinquante-cinq jours consécutifs. Ce seul chiffre met en avant le fort impact négatif de la crise sanitaire sur toute une partie du commerce français. Sur le mois d’avril, la Fédération pour la promotion du commerce spécialisé (Procos) fait ainsi état d’une baisse de – 94 % du chiffre d’affaires des magasins non alimentaires. Dans ce contexte de tensions économiques et de pressions financières, les enseignes les plus fragiles n’ont pas tardé à recourir à des procédures judicaires, à l’instar d’André ou de La Halle rapidement placées en redressement. Preuve de l’intensité de la crise, Célio, pourtant leader du marché de la mode masculine en France, a également dû demander son placement en procédure de sauvegarde. Les enseignes ne sont pas les seuls acteurs en danger : toujours selon le Procos, ce ne sont pas moins de 50 000 points de ventes et plusieurs centaines de milliers d’emplois qui sont directement menacés des suites de la crise sanitaire.

Dans ce climat d’incertitudes économiques, la question des loyers a également été source de tensions entre les bailleurs et les locataires. Si les premières discussions ont été particulièrement âpres, l’intervention de l’État et la nomination d’un médiateur a permis d’aboutir à la rédaction d’une charte des bonnes pratiques pour les loyers commerciaux. Bien qu’insuffisante pour certaines fédérations du commerçants, cette charte donne un cadre aux bailleurs pour prendre des mesures d’accompagnement et de soutien à leurs locataires, des mesures allant jusqu’à l’annulation complète de plusieurs mois de loyers.
Cette crise intervient à un moment où le marché de l’immobilier commercial était dans la continuité directe des années précédentes : indice des loyers toujours orienté à la hausse (niveau record de 116,23 au premier trimestre 2020), progression continue du taux de vacance qui s’approche de plus en plus de la barre symbolique des 10 % (9,48 % en 2019), poursuite du phénomène de disparition des boutiques de prêt à porter au profit des magasins de services, etc.

L’acquisition d’un portefeuille de 5 centres commerciaux (dont 2 situés en Île-de-France : So Ouest à Levallois-Perret et Aéroville à Roissy-en-France) tire le montant total des investissements vers le haut : il atteint 1.1 milliard d’euros. En effet, cette opération représente près de la moitié de l’investissement francilien du premier semestre. La transaction d’un centre de commerce de gros à Aubervilliers pour plus de 200 millions d’euros et celle d’un centre commercial à Saint-Quentin-en-Yvelines constituent les autres signatures majeures de ce début d’année. En dehors de ces grandes transactions, les investisseurs ont été prudents et se sont focalisés sur les actifs les plus sûrs.

Conscient des difficultés rencontrées par le secteur, l’État a également dévoilé un plan en faveur du commerce de proximité, de l’artisanat et des indépendants dans une volonté de soutenir et de revitaliser le secteur. La mesure phare de ce plan porte sur la création, en collaboration avec les collectivités locales, de 100 foncières pour redynamiser le potentiel commercial des centres-villes des villes moyennes. Ce projet vise à acquérir 6 000 commerces sur une période de 5 ans pour lutter contre la vacance commerciale et proposer des locaux à loyers modérés aux commerçant.
Cette ambition de l’État traduit une autre réalité des conséquences de la crise sanitaire : elle a invité commerçants, consommateurs et bailleurs à réfléchir au commerce, à son fonctionnement et à ses propriétés. Si aucune véritable révolution nouvelle n’a émergé de ces réflexions, la crise a néanmoins joué un véritable rôle de catalyseur dans le développement et le renforcement de tendances existantes depuis déjà quelques années.

Ce sont ces évolutions qu’Evolis vous propose de découvrir et de décrypter dans notre dernière étude Essentiel’Immo Commerce, avec notamment l’œil expert de Michael Cross, Directeur du Département Commerce d’Evolis.


Retrouvez l’étude complète, à télécharger ici

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